Les fantasmagories de Segundo de Chomon

Publié le 1 Février 2013

Segundo de Chomón aura participé à la plupart des grandes aventures des trente-cinq premières années du cinéma européen. De son Espagne natale à l'Italie en passant par la France, il aura travaillé avec Méliès, contribué à la construction de l'empire Pathé, été un des maîtres d'œuvre du célèbre Cabiria de Pastore ou encore aidé Abel Gance pour son Napoléon. Longtemps ignorée, son œuvre qu'on ne finit pas de redécouvrir n'a rien perdu de sa fraîcheur et de son pouvoir d'enchantement.

un Kiriki petit mais costaud (Les Kirikis, acrobates japonais)  ; Encore une maison construite sur un cimetière indien (La Maison ensorcelée); La femme de monsieur est visitée (Une Excursion incohérente)un Kiriki petit mais costaud (Les Kirikis, acrobates japonais)  ; Encore une maison construite sur un cimetière indien (La Maison ensorcelée); La femme de monsieur est visitée (Une Excursion incohérente)un Kiriki petit mais costaud (Les Kirikis, acrobates japonais)  ; Encore une maison construite sur un cimetière indien (La Maison ensorcelée); La femme de monsieur est visitée (Une Excursion incohérente)

un Kiriki petit mais costaud (Les Kirikis, acrobates japonais) ; Encore une maison construite sur un cimetière indien (La Maison ensorcelée); La femme de monsieur est visitée (Une Excursion incohérente)

Une attraction foraine

Le cinéma des premiers temps était rarement montré en salle. C'était une attraction foraine. On vendait à un exploitant de quoi faire un programme varié où une douzaine ou une quinzaine de courts films de genres différents se succédaient : actualités reconstituées, drame, comédies, films à trucs... Puisque Chomón n'a jamais fait de long-métrage, nous vous proposons une anthologie subjective de la période Pathé de Chomón en 14 courts-métrages.

1. Les Kiriki, acrobates japonais (1908 - 2'40) : Une troupe d'acrobates japonais réalise de prodigieuses pyramides humaines avec une incroyable facilité avant de saluer et de quitter la scène.

2. La Maison ensorcelée (1908 - 6'05) : Trois individus se promènent en forêt. Surpris par la pluie, ils se réfugient dans une maison ensorcelée où les malheurs s'abattent sur eux : valise qui s'enfuit, chaises qui disparaissent quand on s'assoit, tableau qui se transforme en monstre, manteaux qui s'animent ... Si une collation se prépare toute seule, elle s'évanouit au dernier moment. La maison commence à tanguer tandis que des feux-follets font irruption. Pour finir, le monstre du tableau se saisit des trois voyageurs et les relâche en pleine forêt.

3. L'Hôtel électrique (1908 - 9'31) : Un couple arrive dans un hôtel dernier cri. Leurs valises montent toutes seules dans la chambre et les affaires se rangent d'elles-même. Les voyageurs n'en croient pas leurs yeux. A l'aide d'un tableau de commandes, il peuvent se faire déshabiller, cirer les chaussures, coiffer, raser et même écrire une lettre. Ils profitent de toutes ces nouveautés et vont se coucher. Mais la nuit, un ivrogne entre dans la salle des machines et dérègle le mécanisme. Les meubles sont pris de frénésie pour le plus grand malheur des clients.

4. Les Ombres chinoises (1908 - 3'24) : Deux jeunes femmes vêtues en chinoises sortent une toile sur laquelle des silhouettes se déplacent d'elles-mêmes et deviennent humains, objets ou animaux.

5. Une Excursion incohérente (1909 - 8'14) : Un couple part en promenade avec deux domestiques. Il fait halte dans une forêt pour pique-niquer mais le saucisson se transforme en terre, le gâteau en vers, les œufs en souris. On trouve une auberge. Les deux domestiques, devant la cheminée, voient un des pots se changer en visage d'homme, puis des femmes apparaître dans l'âtre avant de se changer en fantôme. Dans leur chambre, l'homme et la femme dorment chacun dans leur lit, séparés par un rideau. La femme subit toute sorte de transformations avant que deux diables ne s'en prennent à elle. Le mari s'enfuit dans la cour où une affreuse créature lui apparaît. Il tombe dans le puits mais est finalement remonté par sa femme et les deux domestiques.

Des gentils magiciens (Les Papillons japonais) ; Un méchant diable (Satant s'amuse) ; Un gymnaste en pâte à modeler ni bon ni mauvais (Le Théâtre de petit Bob).Des gentils magiciens (Les Papillons japonais) ; Un méchant diable (Satant s'amuse) ; Un gymnaste en pâte à modeler ni bon ni mauvais (Le Théâtre de petit Bob).Des gentils magiciens (Les Papillons japonais) ; Un méchant diable (Satant s'amuse) ; Un gymnaste en pâte à modeler ni bon ni mauvais (Le Théâtre de petit Bob).

Des gentils magiciens (Les Papillons japonais) ; Un méchant diable (Satant s'amuse) ; Un gymnaste en pâte à modeler ni bon ni mauvais (Le Théâtre de petit Bob).

Magiciennes japonaises, Belzébuth et homme invisible

6. Satan s'amuse (1907 - 9'57) : Nous sommes enfer. Satan fait jaillir des flammes à volonté. Il fait apparaître des jeunes femmes qui disparaissent ensuite magiquement. Mais très vite, une fée survient qui perturbe ses tours et sauve les personnes menacés par le Malin avant de s'évanouir. A la fin, elle l'attire dans un piège. Satan croit pouvoir se saisir d'elle, mais elle le détruit en versant sur lui un mystérieux produit qu'il gardait jalousement.

7. Les Papillons japonais (1908 - 4'08) : Deux magiciens japonais multiplient les tours d'apparition et de disparition. A la fin, une chenille devient chrysalide, puis femme-papillon. Le numéro finit par une danse durant laquelle les ailes du papillon changent de couleurs.

8. Le Voleur invisible (1909 - 7'27) : Un homme découvre la formule pour devenir invisible. Il cambriole un riche couple et vole dans la rue le porte-feuille d'un autre. Poursuivi par la police, il se réfugie chez lui où il est attrapé. Il retire alors ses vêtements et profite de son pouvoir pour mettre les pauvres agents en fuite.

9. Le Rêve des marmitons (1908 - 6'18) : Dans les cuisines, les marmiton s'amusent plus qu'ils ne travaillent. Un diablotin surgit. Il fait apparaître une série de verres contenant des somnifères. Tout le monde en boit. Quand les marmitons sont endormis, le diablotin réapparait et coupe les mains des cuisiniers, les fait travailler avant de les replacer au bout de leurs bras. A leur réveil, ils trouvent tous leurs travaux faits.

10. Le Théâtre du petit de Bob (1906 - 5'09) : Deux garçons et une fille, lassés d'étudier, sortent un petit théâtre et le placent sur leur bureau. Quatre tableaux se succèdent au cours desquelles des jouets interprètent de courtes scènes : un combat d'escrime, un pugilat, de la lutte et une séance de barres parallèles.

Un gnome vient d'attraper une araignée magique (L'Araignée d'or) ; Un tour de magie en gros plan (Le Roi des dollars) ; Un bal populaire sur la Lune (Une Excursion sur la Lune).Un gnome vient d'attraper une araignée magique (L'Araignée d'or) ; Un tour de magie en gros plan (Le Roi des dollars) ; Un bal populaire sur la Lune (Une Excursion sur la Lune).Un gnome vient d'attraper une araignée magique (L'Araignée d'or) ; Un tour de magie en gros plan (Le Roi des dollars) ; Un bal populaire sur la Lune (Une Excursion sur la Lune).

Un gnome vient d'attraper une araignée magique (L'Araignée d'or) ; Un tour de magie en gros plan (Le Roi des dollars) ; Un bal populaire sur la Lune (Une Excursion sur la Lune).

Sculptures vivantes, obus-fusée et mouches portraitistes

11. L'Araignée d'or (1909 - 8'39) : Un mendiant voit passer un groupe mystérieux qui fait tomber des pièces d'or près de lui. Intrigué il les suit à travers forêts et marais jusqu'à leur grotte. Il découvre qu'ici vivent des gnomes et qu'ils possèdent des créatures fabuleuses : une araignée qui fabrique des pièces d'or, une mouche qui assemble des corbeilles, une autre qui peint admirablement, une fourmi qui dessine des papillons. Le mendiant vole l'araignée et rentre chez lui. L'araignée commence à façonner des pièces d'or quand passe un pauvre qui lui demande l'aumône. Le premier mendiant le chasse et retourne à son trésor qui s'est changé en tas d'insectes.

12. Le Roi des dollars (1905 - 2'04) : La main d'un magicien effectue des passes et multiplie les pièces. Elle appelle un homme qui en crache. Puis les mains aspirent le tas de pièces vers elles.

13. Excursion dans la Lune (1906 - 6'48) : Un jeune homme est pris de folie. Il veut la Lune aperçue dans un bassin. Les savants lui montrent qu'elle est dans le ciel et lui proposent de l'atteindre. A l'aide d'un obus-fusée, on arrive sur la Lune. Les voyageurs explorent une grotte quand ils sont attaqués par des sélénites qui les conduisent à leur roi. Celui-ci a une fille magnifique que le jeune homme enlève. L'expédition parvient à revenir sur Terre où le jeune homme fait sa demande en mariage.

14. Le Sculpteur moderne (1908 - 6'21) : Une femme présente une série de sculptures. D'abord des groupes d'une parfaite ressemblance qui vont parfois même jusqu'à s'animer puis une série de tas d'argile qui deviennent très rapidement des formes vivantes.

Le cinéma de Chomon, comme celui de beaucoup d'Espagnols parle beaucoup de saucisson. (La Maison hantée ; Une excursion incohérente ; Le Rêve des marmitons) Le cinéma de Chomon, comme celui de beaucoup d'Espagnols parle beaucoup de saucisson. (La Maison hantée ; Une excursion incohérente ; Le Rêve des marmitons) Le cinéma de Chomon, comme celui de beaucoup d'Espagnols parle beaucoup de saucisson. (La Maison hantée ; Une excursion incohérente ; Le Rêve des marmitons)

Le cinéma de Chomon, comme celui de beaucoup d'Espagnols parle beaucoup de saucisson. (La Maison hantée ; Une excursion incohérente ; Le Rêve des marmitons)

Comment on devient cinéaste à Barcelone en partant faire la guerre à Cuba

Les résumés de films le montrent clairement : apparitions, disparitions, transformations et objets qui se déplacent seuls forment le gros de films de Chomón lors de sa période chez Pathé. Cela n'a rien d'étonnant quand on sait que l'Espagnol a découvert le jeune cinéma à travers Georges Méliès.

Le plus grand flou entoure les premières années de Segundo de Chomón. Il nait à Terul en Aragon en 1871, d'un père médecin. On le perd de vue jusqu'à 1895, année de l'invention du cinéma, où on le retrouve à Paris. On ignore quelles études il a suivies. Il sera brièvement employé aux écritures et dessinateur industriel. Amateur de photographie, il a sans doute dû apprendre l'existence du cinéma. Il rencontre à Paris sa future femme, Julienne Mathieu qui est une chanteuse-actrice de second plan. Ils auront un fils unique en 1897. Il part peu après comme engagé volontaire dans l'armée espagnole qui essaiera en vain de garder le contrôle de Cuba.

Lorsqu'il retrouve sa famille en France, en 1899, sa femme travaille désormais pour Méliès. L'inventeur des effets spéciaux a très tôt voulu fait peindre à la main certains de ces films, photogramme par photogramme. Julienne Mathieu est chef d'atelier de ces enlumineuses qui peignait 16 minuscules images pour chaque seconde de film. Chomón s'y essaie, expérimente des procédés pour rendre cela plus précis et plus rapide. Il commence aussi à travailler pour la jeune compagnie Pathé. Ce sera d'abord d'Espagne, où il tourne quelques bandes (sans doute avec une caméra qu'il a construite lui-même) et en peint un certain nombre. Il y est aussi représentant de la marque au coq.

Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)
Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)

Le strip-tease de l'homme invisible, une des scènes les plus osées du cinéma muet. (Le Voleur invisible)

Truquiste en chef chez Pathé

En 1904, l'empire Pathé est en train de naître grâce au sens du commerce et de l'organisation de Charles Pathé. Alors que les autres studios vendent aux forains leur production film par film, Pathé leur fournit le programme complet, affiches comprises. Il rassemble autour de lui une équipe de personnes douées, chacune spécialisée dans un genre. Méliès, concurrent de Pathé, a suscité un engouement pour les films à trucs, en particulier depuis 1902 et le triomphe du Voyage dans la Lune. Chomón en a réalisé quelques uns en Espagne. On le fait venir à Paris et jusqu'à la fin de la décennie, il sera le principal responsable des effets spéciaux chez Pathé, réalisant des films, assurant souvent les prises de vues et les trucages sur ceux des autres.

Il n'y a à l'époque pas de copyright. Les films ne font souvent que quelques minutes et n'ont donc pas de réelle trame. Autant dire que la notion de plagiat telle qu'on la conçoit aujourd'hui n'existe pas. Les pellicules des films étant vendues et non pas louées, elles peuvent être revendues ou copiées sans aucun contrôle par la suite. Chomón, comme beaucoup, sera à la fois pilleur et pillé. Certains de ses films sont clairement des copies de ce qui a été réalisé quelques années ou quelques mois plus tôt. A la suite du Voyage dans la Lune de Méliès, une constellation de voyages spatiaux verra le jour. L'Excursion dans la Lune vaudrait sans aucun doute aujourd'hui un procès à l'Espagnol tant la proximité est flagrante.

L'Excursion dans la Lune : un petit air de déjà-vu...L'Excursion dans la Lune : un petit air de déjà-vu...L'Excursion dans la Lune : un petit air de déjà-vu...

L'Excursion dans la Lune : un petit air de déjà-vu...

Catalogue des effets spéciaux du temps que Felix Faure, Emile Loubet et Armand Fallières étaient Présidents de la République

Les premiers temps du cinéma sont particulièrement foisonnants en terme d'invention. Les historiens se battent pour savoir à qui attribuer telle ou telle innovation, qui d'ailleurs s'est peut-être développée de manière indépendante à deux endroits différents à quelques mois d'écart. La tâche est d'autant plus complexe que la documentation est assez rare concernant cette période où le septième art n'était qu'une curiosité. Il est souvent impossible de définir clairement l'apport de chacun à l'histoire du cinéma mais finalement, plutôt que la trouvaille d'un procédé, on peut penser que c'est son utilisation judicieuse qui importe davantage.

Le premier trucage du cinéma est la substitution. On arrête la manivelle de la caméra le temps de déplacer un objet ou de le remplacer par un autre et on reprend. C'est ainsi que la chrysalide des Papillons japonais devient papillon.

Méliès développera de façon géniale la superposition. On utilise plusieurs fois le même morceau de pellicule qui imprime ainsi plusieurs éléments filmés à différents moments et qui se superposent lors de la projection. Méliès dans L'Homme-Orchestre parviendra à apparaître une demi-douzaine de fois simultanément à l'écran. La ronde des jeunes femmes qui apparaît dans la cheminée de L'Excursion incohérente vient de ce procédé.

On y adjoint parfois une deuxième astuce. L'une des images est filmée de près tandis que pour l'autre, la prise de vue s'est faite de loin. De ce fait, certains éléments apparaissent comme minuscules. C'est comme ça que Chomón a fait rentrer trois femmes dans les bouteilles de diable dans Satan s'amuse.

Autre procédé simple d'apparence mais qui ouvre des possibilités immenses : le fait de passer film à l'envers. Le truc est presque aussi vieux que le cinéma puisqu'on sait qu'un des projectionnistes des frères Lumières amusait déjà les premiers spectateurs en faisant bondir un nageur du bassin au plongeoir. Chez Chomón, les œuvres du Sculpteur moderne n'ont pas été construites mais détruites devant la caméra. Le trucage reste très efficace.

Méliès avec L'Homme-mouche avait eu l'idée géniale de placer la caméra à la verticale. En rampant sur le sol, on donne ainsi l'impression de marcher le long d'un mur. Les Kiriki, acrobates japonais réalisé par l'Espagnol est une des plus belles réussites de l'utilisation de cette technique.

Autre élément récurrent : les effets pyrotechniques. Explosion, pluie d'étincelles, nuages de fumées accompagnent les disparition ou les apparitions surnaturelles.

Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.
Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.

Le salon de coiffure de L'Hotel électrique où la bonne humeur est toujours au rendez-vous.

Faire bouger l'immobile

Ce qui différenciera Chomón de Méliès et de ses autres concurrents sera sa maîtrise de ce que nous appelons aujourd'hui le " stop motion ". Il avait à cet effet conçu une caméra dont la manivelle était dotée de crans. Le trucage consiste à tourner deux photogrammes, à déplacer un objet de quelques centimètres, retourner deux photogrammes, déplacer l'objet etc. En passant les images ainsi obtenues à vitesse normale, on a l'impression que l'objet se déplace tout seul. C'est selon ce même principe que certains films d'animation seront longtemps réalisés et le sont parfois encore aujourd'hui, de Wallace et Gromit à certaines réalisations de Michel Ocelot.

L'utilisation la plus spectaculaire qu'en fera Chomón est celle du dessin en train de se tracer. Dans Le Rêve des marmitons, une mouche dessine sur le crâne chauve d'un homme endormi. On voit à la fois le mouvement de la mouche et les traits en train de naître sur le crâne du personnage traçant des formes changeantes. Une autre mouche, dans L'Araignée d'or prendra le pinceau pour faire surgir une femme sur une feuille. Cinquante ans plus tard, un autre Espagnol s'amusera à égarer le spectateur en traçant des formes qui tardent à se fixer. Dans Le Mystère Picasso d'Henri-Georges Clouzot le peintre fascine de la même manière le spectateur à l'aide de lignes ou de couleurs mouvantes.

Un chef-d'oeuvre d'Edvard Mounch, peintre sur crâne (Le Rêve des Marmitons) ; La finesse de trait d'Alfons Moucha (L'Araignée d'or) ; Un éléphant en pleine mutation (Ombres chinoises)Un chef-d'oeuvre d'Edvard Mounch, peintre sur crâne (Le Rêve des Marmitons) ; La finesse de trait d'Alfons Moucha (L'Araignée d'or) ; Un éléphant en pleine mutation (Ombres chinoises)Un chef-d'oeuvre d'Edvard Mounch, peintre sur crâne (Le Rêve des Marmitons) ; La finesse de trait d'Alfons Moucha (L'Araignée d'or) ; Un éléphant en pleine mutation (Ombres chinoises)

Un chef-d'oeuvre d'Edvard Mounch, peintre sur crâne (Le Rêve des Marmitons) ; La finesse de trait d'Alfons Moucha (L'Araignée d'or) ; Un éléphant en pleine mutation (Ombres chinoises)

Jules Verne Vs Edgar Allan Poe

L'utilisation du stop motion, souvent combinée à d'autres trucages, sera la marque de fabrique de l'univers de Chomón. Il est évident que dans un film à trucages de trois minutes, l'accumulation de prouesses prime sur le scénario. Méliès, qui était magicien, présentera d'ailleurs bon nombre de ses films comme des spectacles de magie. Les trucages qu'il utilise le plus sont la substitution et le surimpression. Il fait apparaître et disparaître des créatures et démultiplie son image pour se rendre maître de l'espace. Ses films racontent souvent des conquêtes dans un esprit proche des romans de Verne.

Chez Chomón, le véritable héros est souvent le lieu lui-même et les personnages se font accessoires. C'est le cas par exemple de L'Hotel électrique dont le titre montre clairement où se situe l'intérêt. Les acteurs y restent immobiles tandis que les objets s'animent autour d'eux. De même, Le Rêve des marmitons montre la vie des choses pendant le sommeil des hommes.

Certes, il ne faudrait pas faire de Chomón un disciple de Poe ou un précurseur du film d'horreur. Les impératifs commerciaux et la nécessité d'épater le public jouent sans doute un rôle plus important que des choix artistiques appliqués à un média qui n'a pas une décennie. Toutefois, il y a vraisemblablement une part de sensibilité personnelle dans ces différences d'univers.

Quelques monstres de l'univers de Chomon : l'esprit de La Maison ensorcelée ; Une rencontre dans Une Excursion incohérente ; une attaque de sélénites dans Une Excursion dans la Lune.Quelques monstres de l'univers de Chomon : l'esprit de La Maison ensorcelée ; Une rencontre dans Une Excursion incohérente ; une attaque de sélénites dans Une Excursion dans la Lune.Quelques monstres de l'univers de Chomon : l'esprit de La Maison ensorcelée ; Une rencontre dans Une Excursion incohérente ; une attaque de sélénites dans Une Excursion dans la Lune.

Quelques monstres de l'univers de Chomon : l'esprit de La Maison ensorcelée ; Une rencontre dans Une Excursion incohérente ; une attaque de sélénites dans Une Excursion dans la Lune.

L'eau et les rêves

Une autre constante thématique dans les films de Chomón est le rôle positif accordé aux personnages féminins. Nombreux sont les films de l'Espagnol et d'autres qui finissent par une apothéose au cours de laquelle plusieurs jeunes femmes exécutent une danse pour célébrer la victoire du bien. Mais chez Chomón, les personnages menaçants sont presque systématiquement masculins et les personnages féminins sont presque toujours positifs. Satan s'amuse en est un exemple mais on en trouve l'équivalent dans d'autres films, comme Les Tulipes dans lequel une jeune femme hésite entre deux sentiers, l'un indiqué par un homme, l'autre par une femme. L'héroïne choisit le versant féminin et s'en trouve bien puisque le diable s'empare de l'homme. Cauchemar et doux rêve repose sur la même opposition.

A ces personnages de fées est souvent associée l'eau ou une fontaine tandis que l'homme sera davantage lié au feu. Inconscient, transposition du culte marial ou symbolisme ésotérique voulu ? Il n'y a aucun élément qui étaie la thèse d'un Chomón amateur d'alchimie ou franc-maçon. De toute manière, les symboles ésotériques ont sans doute une grande partie de leurs racines dans l'inconscient, tout comme les contes de fées, qui serviront souvent de trame aux films des premiers temps. Grottes, forêts, fontaines, eau, feu, œufs, or, lune ou soleil se croisent avec une fréquence comparable dans ces différents domaines.

Cette forte présence des rôles féminins dans ses films tient sans doute aussi au fait que Chomón n'est pas acteur ni magicien contrairement à Méliès ou à Gaston Velle, autre réalisateur Pathé. Il ne se montrera pas beaucoup à l'écran mais fera presque toujours jouer à sa femme les rôles principaux dans les films auxquels il a collaboré. Elle y fait d'ailleurs preuve d'une sobriété dans le jeu qui s'accorde davantage aux goûts de notre époque que les regards caméras appuyés et les gesticulations qui étaient la norme de la gestuelle de l'époque.

Des femmes en Enfer, des femmes sur la Lune et une femme qui sculpte (interprétée par Julienne Mathieu, la femme de Chomon). (Satan s'amuse ; Une excursion dans la Lune ; Le Scultpeur moderne)Des femmes en Enfer, des femmes sur la Lune et une femme qui sculpte (interprétée par Julienne Mathieu, la femme de Chomon). (Satan s'amuse ; Une excursion dans la Lune ; Le Scultpeur moderne)Des femmes en Enfer, des femmes sur la Lune et une femme qui sculpte (interprétée par Julienne Mathieu, la femme de Chomon). (Satan s'amuse ; Une excursion dans la Lune ; Le Scultpeur moderne)

Des femmes en Enfer, des femmes sur la Lune et une femme qui sculpte (interprétée par Julienne Mathieu, la femme de Chomon). (Satan s'amuse ; Une excursion dans la Lune ; Le Scultpeur moderne)

Les couleurs de la Lune et de l'Enfer

Un autre point qui différencie le travail de Chomón de celui de bon nombre de ses contemporains est l'utilisation qu'il fait de la couleur. Il est complexe de savoir quel était le statut des films en couleurs par rapport aux autres. Il s'agissait sans doute d'apporter un certain supplément de prestige à des films à plus grand budget, un peu comme pourrait le faire la 3D aujourd'hui. Lors d'une programme forain d'une quinzaine de films, trois ou quatre seulement étaient en couleurs. Sans doute y avait-il aussi des genres privilégiés pour une coloration. Si le drame ne s'y prêtait pas tellement, la fantasmagorie était sans doute celui dont les bandes étaient le plus fréquemment colorées. On se souviendra aussi que c'est pas ce biais que l'Espagnol avait découvert le cinéma et avait commencé à travailler pour Pathé.

Les films en couleur de Chomón montrent un choix harmonieux des couleurs et ont rarement les stridences de certaines bandes de Méliès par exemple. La Fée Printemps est bon exemple de travail de Chomón pour le film d'un autre. Ce film réalisé par Ferninand Zecca en 1902 raconte l'histoire d'une vieille dame accueillie dans une maison et qui se révèle être une fée. Pour récompenser ses hôtes généreux, elle fait pousser des fleurs. Lorsqu'elle révèle son identité, sa robe se colore et chacune des plantes qu'elle fait naître est aussi un jaillissement de couleurs. Au quotidien, le noir et blanc. Au merveilleux, la couleur. Un film comme Satan s'amuse a sans doute aussi été pensé dès le début par la couleur. Pour créer son espace, Chomón choisit de redoubler les bordures de son cadre pour donner une impression d'enfermement et y ajoute le rougeoiement des flammes auquel des flammes jaunes s'ajoutent parfois. On ne se sent certes plus effrayé devant ce tableau, mais il y règne tout de même une atmosphère oppressante.

Les costumes hauts en couleurs des Kiriki (Les Kiriki, acrobates japonais) ; Une femme-papillon (Les Papillons japnais) ; De l'or qui brille (Le Roi des dollars)Les costumes hauts en couleurs des Kiriki (Les Kiriki, acrobates japonais) ; Une femme-papillon (Les Papillons japnais) ; De l'or qui brille (Le Roi des dollars)Les costumes hauts en couleurs des Kiriki (Les Kiriki, acrobates japonais) ; Une femme-papillon (Les Papillons japnais) ; De l'or qui brille (Le Roi des dollars)

Les costumes hauts en couleurs des Kiriki (Les Kiriki, acrobates japonais) ; Une femme-papillon (Les Papillons japnais) ; De l'or qui brille (Le Roi des dollars)

Le sens du cadre

Les différents métiers des premiers temps du cinéma différaient de ceux d'aujourd'hui. Chez Pathé, l'Espagnol ne s'occupera pas seulement d'effets spéciaux. Il sera également opérateur c'est à dire qu'il composera la cadre et veillera à la lumière. Il faut reconnaître que dans ce domaine aussi, Chomón montre d'évidentes qualités. Plus encore que dans les fantasmagories, c'est dans les documentaires que son art du cadre apparaît. Envoyé en Espagne pour réaliser des films sur Tolède, Burgos, Barcelone ou Gérone, les plans qu'il y tourne révèle une grande capacité à structurer des espaces. On retrouve un goût pour l'utilisation de verticales qui ferment le cadre sur les côtés et la volonté de créer toujours un espace à plusieurs plans offrant une grande profondeur. Chomón y introduira aussi du mouvement, chaque fois que ce sera possible, plaçant sa caméra sur une barque ou en ayant recours à mouvement panoramique.

La fantasmagorie est par excellence un genre d'intérieur. Beaucoup de trucages, repris du théâtre nécessitent des installations. Décors qui s'ouvrent, objet qui s'envole attaché à une corde, personnage qui apparaît ou disparaît par une trappe, autant d'effets qui ne peuvent s'obtenir qu'en studio. Cela est d'autant plus vrai pour Chomón qui fait souvent du décor le principal personnage de ses films. Pourtant, contrairement à beaucoup de ses contemporains, il parvient à mêler des prises de vues en extérieurs à ses fééries, sans doute parce qu'il utilise beaucoup le montage en comparaison de ses contemporains. Avant d'atteindre la grotte des gnomes, le mendiant de L'Araignée d'or les suit à travers une vraie forêt et traverse une étendue d'eau qui n'est sans doute pas reconstituée.

Des gnomes dans leur cadre naturel (L'Araignée d'or) ; Un technicien dans L'Hotel électrique ; Le Voleur invisble nous montre discrètement son butin.Des gnomes dans leur cadre naturel (L'Araignée d'or) ; Un technicien dans L'Hotel électrique ; Le Voleur invisble nous montre discrètement son butin.Des gnomes dans leur cadre naturel (L'Araignée d'or) ; Un technicien dans L'Hotel électrique ; Le Voleur invisble nous montre discrètement son butin.

Des gnomes dans leur cadre naturel (L'Araignée d'or) ; Un technicien dans L'Hotel électrique ; Le Voleur invisble nous montre discrètement son butin.

L'espace théâtral et l'espace cinématographique

L'espace cinématographique est à l'époque encore à inventer. Le montage doit rester simple sous peine de perdre le spectateur. Chomón comme beaucoup partira du modèle de la scène. Méliès et son concurrent Pathé, Gaston Velle, sont magiciens de profession. Ils simulent souvent face à la caméra un espace scénique dont les bords correspondraient aux coulisses. Il n'est d'ailleurs pas rare de les voir saluer leur public au début ou à la fin d'un numéro.

Le film Les Papillons japonais obéit rigoureusement à cette logique. Pour Les Kiriki, acrobates japonais, le réalisateur va utiliser de manière astucieuse cette simulation de scène. Un portique encadre la scène sur fond noir qui fera le lien entre tous les plans et donnera l'impression que le cadrage ne change jamais. A cela s'ajoute le fait que le numéro s'ouvre avec l'entrée en scène de la troupe qui salue le public et se clôt par la sortie après avoir pris congé. Chomón utilise le portique et joue de ces plans filmés de manière ordinaire pour masquer le fait que le reste du temps, la caméra est placée à la verticale.

Il ira plus loin dans Les Ombres chinoises où en introduisant dans le numéro un écran qui se substituera à la scène. On voit d'abord deux magiciennes faire quelques numéros puis sortir une toile. Survient alors un cut. Au plan suivant, seul l'écran qu'elles portent, où s'accomplissent de fascinantes transformations, est visible. En partant de l'espace familier de la scène, Chomón est parvenu à créer un espace autonome où les projections peuvent se faire librement. Le même procédé sera utilisé dans Une Excursion incohérente où un rideau tiré entre de lit occupera tout l'écran pour la délirante séance d'ombre chinoises qui doit montrer les transformations subies par la femme endormie. Dans Le Petit Théâtre de Bob, on voit la même création d'un espace autonome qui naît cette fois du fait que les enfants posent un théâtre sur une table. Chomón y jouera d'ailleurs avec les conventions, le gymnaste du quatrième tableau devant se faufiler derrière le rideau qui ne l'a pas attendu pour s'abaisser.

Les Kiriki sortent de scène (Les Kirikis, acrobates japonais) ; L'écran brandit par les magiciennes (Les Ombres chinoises) ; Le Théâtre de petit Bob a des faux airs de saloons.Les Kiriki sortent de scène (Les Kirikis, acrobates japonais) ; L'écran brandit par les magiciennes (Les Ombres chinoises) ; Le Théâtre de petit Bob a des faux airs de saloons.Les Kiriki sortent de scène (Les Kirikis, acrobates japonais) ; L'écran brandit par les magiciennes (Les Ombres chinoises) ; Le Théâtre de petit Bob a des faux airs de saloons.

Les Kiriki sortent de scène (Les Kirikis, acrobates japonais) ; L'écran brandit par les magiciennes (Les Ombres chinoises) ; Le Théâtre de petit Bob a des faux airs de saloons.

Le goût du gros plan

De manière peut-être plus moderne, Le Roi des dollars crée un espace typiquement cinématographique en ayant recours à un cadrage très serré. C'est une véritable profession de foi en ses moyens puisque, comme lors d'une spectacle de magie, la proximité augmente les chances de voir les trucages. La scène se trouve ici réduite à la taille d'un guéridon sans que le spectateur de l'époque ne puisse déceler l'origine de ces pièces d'or. Le spectateur d'aujourd'hui, plus familier des mécanismes du cinéma repère les légères sautes qui accompagnent les trucages et savent que c'est en passant le film à l'envers que les mains attirent les pièces. En revanche, l'incroyable sensation de proximité que ce gros plan tourné avec une caméra comme on n'en utilise plus reste intacte.

Si les films des premières années du cinéma nous semblent parfois difficiles d'accès, c'est parce que rien n'y est hiérarchisé. Lorsque cinq personnages sont présents à l'écran, c'est à nous de différencier le protagoniste des figurants, comme sur une scène de théâtre. C'est moins le cas dans les films de Chomón qui trouve souvent des manière d'isoler l'élément central. Parfois aussi, comme une préfiguration du gros plan, le personnage s'approche tant de la caméra qu'on a l'impression d'un changement d'échelle de plan comme lorsque le diable s'approche dangereusement de nous pour remplir trois bouteilles contenant des femmes miniaturisées dans Satan s'amuse.

Satan et ses femmes en bouteilles (Satan s'amuse) ; Photo de famille (Les Kiriki, acrobates japonais) ; Un jeu d'acteur tout en nuance (La Maison hantée).Satan et ses femmes en bouteilles (Satan s'amuse) ; Photo de famille (Les Kiriki, acrobates japonais) ; Un jeu d'acteur tout en nuance (La Maison hantée).Satan et ses femmes en bouteilles (Satan s'amuse) ; Photo de famille (Les Kiriki, acrobates japonais) ; Un jeu d'acteur tout en nuance (La Maison hantée).

Satan et ses femmes en bouteilles (Satan s'amuse) ; Photo de famille (Les Kiriki, acrobates japonais) ; Un jeu d'acteur tout en nuance (La Maison hantée).

L'humour 1900

Un bon nombre de films qui se voulaient comiques nous sont devenus étrangers et nous semble consternants avec leurs blagues attendues et sans cesse répétées. Les tabous qu'ils brisent ne nous font plus frissonner : le policier ou le bourgeois qui prend un coup de pied au fesses ne nous semble plus être le comble de l'audace. Mais il y a beaucoup d'inventions fantaisistes qui ont gardé leur fraîcheur. Lorsque le couteau découpe le saucisson, dans La Maison hantée, une tranche récalcitrante s'enfuit. Le couteau doit s'y reprendre à trois fois pour rattraper le fugitif et le replacer dans le plat. Dans Les Kiriki, acrobates japonais, on a bien pris soin de placer le plus petit des acrobates tout en bas de la pyramide, là où il faut porter le plus de poids. Ces plaisanteries fonctionnent aussi parce qu'elles désamorcent d'une certaine manière l'enchantement. C'est une manière de clin d'œil pour signifier au spectateur que personne n'est dupe du statut de ce qui est montré à l'écran.

Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.
Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.

Une marmite qui prend vie dans Une Excursion incohérente.

L'invention du travelling

Chomón travaillera environ 5 ans pour Pathé, de 1904 à 1909. On estime qu'il aura réalisé environ 150 films. Le cinéma connaît alors une série de changements. On se rend compte qu'il y a de l'argent à faire dans ce nouveau spectacle et certains commencent à le considérer comme un art. Charles Pathé, pour répondre à la création du " Film d'Art " en 1908, lance la Société Cinématographique des Auteurs et Gens de Lettres (SCAGL). On jouera des pièces du répertoire ou on adaptera des classique de la littérature plutôt que des contes de fée. Les acteurs renommés de l'époque viennent jouer devant la caméra comme s'ils étaient au théâtre. C'est aussi la fin de la mode des films à trucs. La preuve : Pathé prend le contrôle de la Star Films de Méliès en 1911.

A ce moment là, le contrat entre la marque au coq et Chomón est terminé. L'Espagnol est parti travailler dans son pays natal où il réalise des films dans lesquels cohabitent histoires locales et effets spéciaux. Puis, on lui propose un contrat mirobolant à Turin. Il passera de nombreuses années en Italie où ses descendants resteront. Celui qui l'a appelé à Turin s'appelle Giovanni Pastrone. Il rêve de réaliser une fresque cinématographique de plusieurs heures et a besoin pour cela de quelqu'un capable d'assurer les prises de vues et surtout les effets spéciaux que ses fresques antiques nécessitent. En 1914, il réalisera Cabiria, film jalon dans l'histoire du cinéma : c'est la première super-production, c'est la première apparition à l'écran du personnage de Maciste, une sorte d'Hercule issu du peuple, et c'est aussi la première utilisation du carello, le dispositif encore utilisé aujourd'hui pour faire les travellings. Si le brevet est au nom de Pastrone, des documents semblent indiquer que Chomón en fut l'inventeur.

Le coq Pathé présent partout pour faire de la publicité et peut-être aussi lutter contre le vol. (Une excursion incohérente ; Le Théâtre de Petit Bob ; Un Sculpteur moderne)Le coq Pathé présent partout pour faire de la publicité et peut-être aussi lutter contre le vol. (Une excursion incohérente ; Le Théâtre de Petit Bob ; Un Sculpteur moderne)Le coq Pathé présent partout pour faire de la publicité et peut-être aussi lutter contre le vol. (Une excursion incohérente ; Le Théâtre de Petit Bob ; Un Sculpteur moderne)

Le coq Pathé présent partout pour faire de la publicité et peut-être aussi lutter contre le vol. (Une excursion incohérente ; Le Théâtre de Petit Bob ; Un Sculpteur moderne)

Les dernières années

Après ce film qui connut un immense succès, la collaboration entre les deux hommes fut moins heureuse. Suivront d'autres films à gros budgets moins remarqués, beaucoup de films de propagande pour soutenir le moral de l'armée italienne en Guerre. Il y a notamment le remarquable La guerra e il sogno de Momi. Si la première partie est classique (un enfant reçoit une lettre de son père qui lui raconte un de ses exploits sur le front) la seconde, durant laquelle l'enfant s'endort et rêve que ses jouets s'animent et se font la guerre, est une grande réussite.

Le contexte économique difficile de l'après-guerre fera qu'il retournera en France. Il travaillera notamment sur le Napoléon d'Abel Gance, étant sans doute à l'initiative ou à la réalisation de quelques unes des inventions de cet autre film épique. Durant toutes ces années, il n'aura jamais cessé de tenter de mettre au point un système pour filmer en couleurs. S'il a été récompensé pour certaines avancées qu'il a permises dans le domaine, les résultats auxquels il parviendra ne seront jamais satisfaisants. Comme beaucoup de cinéastes des débuts, Chomón est un homme qui a été peu à peu dépassé par les nombreux changements qui ont jalonné sa carrière. Le son a fait son arrivée depuis deux ans quand Chomón meurt à Paris de maladie en 1929.

Un café qui se sert tout seul (La Maison ensorcelée) ; Chomon n'hésitait pas à partager ses trucs avec ses collègues (Le Voleur invisible) ; Une variante du jeu de dames (L'Araignée d'or).Un café qui se sert tout seul (La Maison ensorcelée) ; Chomon n'hésitait pas à partager ses trucs avec ses collègues (Le Voleur invisible) ; Une variante du jeu de dames (L'Araignée d'or).Un café qui se sert tout seul (La Maison ensorcelée) ; Chomon n'hésitait pas à partager ses trucs avec ses collègues (Le Voleur invisible) ; Une variante du jeu de dames (L'Araignée d'or).

Un café qui se sert tout seul (La Maison ensorcelée) ; Chomon n'hésitait pas à partager ses trucs avec ses collègues (Le Voleur invisible) ; Une variante du jeu de dames (L'Araignée d'or).

Les Kiriki à l'opéra Garnier

La carrière de Chomón aura été d'une richesse et d'une longévité incroyables durant la période où le septième art aura le plus évolué. De l'invention du cinéma à la généralisation du parlant, il aura accompagné ou provoqué l'apparition du montage, du son, de la couleur, du montage, de l'espace cinématographique ou des mouvements de caméra. S'il a souvent copié Méliès, son œuvre va bien au-delà d'une simple imitation. Depuis maintenant plus d'un siècle, les centaines de films qu'il a réalisés sont par leur invention, leur fantaisie et leur poésie des sources d'émerveillements et d'inspiration. L'Espagnol n'aurait sans doute pas imaginé que ses Kiriki, partis des baraques foraines en 1908, feraient une entrée triomphale à l'opéra de Paris en 2001, ressuscités pour Shazam, un spectacle de Philippe Découflé, devant les yeux éberlués d'un public qui se demande toujours : " Où est le truc ? "

Segundo de Chomon est aussi l'inventeur de Mary Poppins, du logo de la MGM et a été le premier à filmer une mêlée de rugby. (Les Papillons japonais ; Le Sculpteur moderne ; Les Kiriki, acrobates japonais)Segundo de Chomon est aussi l'inventeur de Mary Poppins, du logo de la MGM et a été le premier à filmer une mêlée de rugby. (Les Papillons japonais ; Le Sculpteur moderne ; Les Kiriki, acrobates japonais)Segundo de Chomon est aussi l'inventeur de Mary Poppins, du logo de la MGM et a été le premier à filmer une mêlée de rugby. (Les Papillons japonais ; Le Sculpteur moderne ; Les Kiriki, acrobates japonais)

Segundo de Chomon est aussi l'inventeur de Mary Poppins, du logo de la MGM et a été le premier à filmer une mêlée de rugby. (Les Papillons japonais ; Le Sculpteur moderne ; Les Kiriki, acrobates japonais)

Anthologie subjective des films à trucs, réalisés entre 1904 et 1910 par Segundo de Chomón chez Pathé. Durée : 1 heure et 27 minutes.

La durée indiquée est celle des vidéos trouvées sur internet. Elles ne correspondent pas exactement à celles du film (découpage inexact) et ne respectent pas souvent le rythme de projection d'origine.

Liens :

Lecture :

  • Segundo de Chomón, un pionnier méconnu du cinéma européen, de Juan Gabriel TharratsCalum Waddell.

L'ouvrage de référence sur Segundo de Chomón écrit par un adorateur.

Le livre a les défauts et les qualités de ce genre de livre : à côté d'un certain manque d'objectivité et de la compilation d'informations marginales (les nobles ancêtres de Chomón...), une mine d'informations irremplaçables collectées au cours d'une vie de recherches passionnées.

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être aussi :

Repost 0
Commenter cet article