"The Big Doll House" de Jack Hill

Publié le 15 Janvier 2013

Cela fait maintenant plus de trente ans que Jack Hill espère qu'on lui confie la direction d'un dernier film qui ne viendra sans doute jamais. Triste aboutissement de la carrière d'un homme qui aura travaillé aux côtés de Francis Ford Coppola, Lon Channey, Roger Corman, Boris Karloff ou encore Quentin Tarantino. Au milieu des ratés et des gâchis qui jonchent son parcours, il y aura pourtant une période dorée : une série de cinq films qui seront des succès de box-office et qui feront passer Pam Grier de l'anonymat à la célébrité. Cela commence en 1971 avec The Big Doll House, film paradoxe puisqu'il est considéré comme un des classiques du cinéma féministe en même temps qu'il aura contribué à la lancer le vague du film de femmes en prison.

L'arrivée à la prison ; Les détenues : au premier plan Collier, l'amie des animaux en haut du lit; la toxicomane en bas : Bodine et Alcott debout ; Le personnel de la prison. De gauche à droite : Mme Dietrich, le docteur et Lucian.L'arrivée à la prison ; Les détenues : au premier plan Collier, l'amie des animaux en haut du lit; la toxicomane en bas : Bodine et Alcott debout ; Le personnel de la prison. De gauche à droite : Mme Dietrich, le docteur et Lucian.L'arrivée à la prison ; Les détenues : au premier plan Collier, l'amie des animaux en haut du lit; la toxicomane en bas : Bodine et Alcott debout ; Le personnel de la prison. De gauche à droite : Mme Dietrich, le docteur et Lucian.

L'arrivée à la prison ; Les détenues : au premier plan Collier, l'amie des animaux en haut du lit; la toxicomane en bas : Bodine et Alcott debout ; Le personnel de la prison. De gauche à droite : Mme Dietrich, le docteur et Lucian.

Une prison de femmes

Collier, une belle jeune femme, est conduite en prison dans une dictature située dans un pays indéterminé d'Asie (1). Nous découvrons avec elle l'univers carcéral : la fouille intégrale, la pseudo-victime médicale, une prisonnière décédée soi-disant lors d'une tentative d'évasion et enfin, la cellule où qu'elle va devoir partager avec cinq autres beautés. Il y a Grear, la dure. Elle est lesbienne et a une liaison avec une autre co-détenue, qui est elle toxicomane et a tué son enfant. Il y a aussi Bodine, prisonnière politique dont le compagnon est un des leader des forces révolutionnaires du pays et puis Alcott en manque d'hommes. La sixième co-détennue est plus en retrait. Elle possède une chatte et parle peu.

Il n'y a presque aucun homme dans cette prison. Hormis le docteur qui vient d'arriver, seuls deux livreurs voient les prisonnières. Ils profitent parfois de leur métier pour faire passer des choses interdites. L'un d'eux, en échange d'attouchements, remet à Grear une lettre destinée à Bodine et qui contient des renseignements sur la position du camp de son fiancé. La lettre est découverte par la terrible Lucian, la gardienne en chef. Pour faire avouer Bodine, on la soumet à la torture, sous le regard sadique d'un mystérieux homme cagoulé.

Peu après, c'est Alcott qui est torturée pour avoir tenté de violer un des livreurs. Sortie de la salle de torture sur un brancard, elle n'échappe à la mort que grâce à l'intervention du médecin qui décide d'aller parler à la directrice du centre. A défaut d'avoir réussi à changer les conditions de détention des prisonnières, il obtient un dîner pour la semaine suivante.

Les images attendues du film de prison : Barbelés ; Cachot ; Et torture.Les images attendues du film de prison : Barbelés ; Cachot ; Et torture.Les images attendues du film de prison : Barbelés ; Cachot ; Et torture.

Les images attendues du film de prison : Barbelés ; Cachot ; Et torture.

La grande évasion

Bodine et Alcott décident de s'évader coûte que coûte. Pour cela, elles veulent s'assurer de la complicité de leurs compagnes de cellule. Elles s'approchent de Collier, suscitant la jalousie de Grear, qui est devenue sont amante. On règle le différend lors d'un combat entre Alcott et Grear qui finit dans la boue par la victoire d'Alcott. Les rapports de force changés, Alcott et Bodine exposent leur plan : à chaque fois que quelqu'un est torturé, les gardes sont renvoyées pour qu'il n'y ait pas de témoins. Il faut donc se faire punir. Pour cela, elles organisent une bataille de nourriture à la cantine tandis que Grear promet d'accorder ses faveurs à un des livreurs pour qu'il revienne de nuit.

Tout se passe comme prévu : quatre des six détenues sont mises en isolement et Lucian renvoie les gardes pour torturer Collier à son aise. La sadique se fait piéger par les trois autres qui parviennent à s'évader du cachot où elles étaient punies. Un des livreurs se rend dans la cellule ordinaire pour voir si Grear tiendra ses promesses mais il la trouve assassinée par la toxicomane lors d'une crise de démence. Les fugitives prennent en otage le docteur et la directrice de la prison et, sous la menace des armes, contraignent les deux livreurs à les prendre à bord de leur camionnette et à forcer les portes de la prison. Après une fusillade, le groupe parvient à quitter la prison, mais deux des filles ont été tuées et Bodine blessée. Se pensant hors de danger, les survivantes s'arrêtent dans une forêt. Le repos est de courte durée puisqu'elles sont rapidement cernées par l'armée. Alcott parvient à tuer la directrice mais est gravement blessée et reprise. Bodine, se sachant condamnée, se sacrifie pour permettre à Collier de s'évader. Celle-ci rejoint la route où un automobiliste la prend dans sa voiture.

Les mamans de l'Agence Tous Risques : Barracuda ; Hannibal ; et Futé (le conducteur de la jeep est joué par Jack Hill, le réalisateur).. Les mamans de l'Agence Tous Risques : Barracuda ; Hannibal ; et Futé (le conducteur de la jeep est joué par Jack Hill, le réalisateur).. Les mamans de l'Agence Tous Risques : Barracuda ; Hannibal ; et Futé (le conducteur de la jeep est joué par Jack Hill, le réalisateur)..

Les mamans de l'Agence Tous Risques : Barracuda ; Hannibal ; et Futé (le conducteur de la jeep est joué par Jack Hill, le réalisateur)..

Une double fin

La fin du film est ambigüe et représentative de ce qu'a pu être la carrière de Jack Hill. Tandis que l'image semble nous montrer que Collier parvient à s'évader, une voix, supposée être celle du conducteur, mais qui a manifestement été ajoutée après coup fait dire à l'homme : " Parfait. Je vous ramène à la prison. " Interrogé à ce sujet, le réalisateur disait ne pas être au courant. Cette dernière phrase a sans doute été ajoutée après coup pour ne pas heurter le public (ou une partie du public) en montrant une meurtrière s'évader. Un exemple parmi d'autres du degré de maîtrise que Jack Hill a pu avoir ses films...

Sa carrière avait pourtant bien commencé. Jack Hill apprend son métier à l'UCLA, prestigieuse université de Los Angeles. C'est le meilleur élève de sa promotion avec un certain Francis Ford Coppola. Les deux hommes travailleront ensemble sur les films de fin d'étude de l'autre. A la sortie de la fac, ils se retrouvent tous deux à être embauchés chez Roger Corman, légendaire réalisateur/producteur qui a le plus souvent réussi à concilier impératifs commerciaux et une relative exigence quant au contenu des films. Le titre de son autobiographie en dit long sur sa conception du cinéma : How I Made a Hundred Movies in Hollywood and Never Lost a Dime. Si l'économie passe avant tout, c'est aussi un remarquable détecteur de talents. Outre Hill et Coppola, il donnera sa chance aux débutants Martin Scorcese, Jonathan Demme, Jo Dante ou encore Jack Nicholson.

Le beau personnage de toxicomane joué par Brooke Mills.Le beau personnage de toxicomane joué par Brooke Mills.Le beau personnage de toxicomane joué par Brooke Mills.

Le beau personnage de toxicomane joué par Brooke Mills.

Le sens de la négociation

Sous ses ordres, Hill fera des bouts de films (une séquence de The Wasp Woman pour que le film ait une longueur suffisante, la continuation d'un film commencé par un réalisateur yougoslave avant qu'une troisième personne ne reprenne le projet et décide d'ajouter un vampire dans l'histoire...) et des premiers films d'exploitation : d'abord, Spider Baby, sorte de croisement entre la Famille Adams et Massacre à la tronçonneuse, qui sera un dernier rôle de Lon Chaney Jr, acteur vedette des films de monstre des années 40 ; puis Mondo Keyhole, sur le monde de la drogue. Il tourne aussi les derniers films de Boris Karlof, autre légende du cinéma d'horreur des années 40. Il s'agit de quatre co-productions américano-mexicaines tournés à la chaine en réutilisant les décors d'un film à l'autre. Karlof, la star du film est trop faible pour pouvoir se rendre au Mexique où le reste du film doit être tourné. Sous respirateur, il se traîne pour tourner ses plans avant de retourner s'asseoir épuisé. Ces plans doivent s'insérer dans un film dont l'autre partie sera tournée de l'autre côté de la frontière par quelqu'un que Jack Hill n'a jamais rencontré et qui n'aura pas la même vision du scénario. Autant dire que ces films ne sont pas inoubliables.

Son film suivant sera Pit Stop. Dans une interview, il en raconte la genèse : " Roger m'a dit : " Je veux que tu fasses un film de course de voitures " (...) Et j'ai dit : " Je veux faire un film d'art ". Il a répondu : "Ok, alors fais un film d'art sur les voitures de course. " (…) Je suis revenu le voir après avoir écrit le script et j'ai dit : " Je vais faire le premier film de course de voitures dans lequel le héros perd la grande course. " Il a dit : " Non, Jack, le héros doit gagner la grande course. " Alors, je l'ai fait gagner la grande course mais perdre son âme. "

Force est de reconnaître que Jack Hill est dur en affaires...

Les deux mâles du film au meilleur de leur forme.Les deux mâles du film au meilleur de leur forme.Les deux mâles du film au meilleur de leur forme.

Les deux mâles du film au meilleur de leur forme.

Ich, eine Groupie

Le tournage suivant ne se passera pas mieux. Appelé en Suisse pour tourner un film dont il n'a pas eu le scénario, il a la surprise de découvrir en arrivant sur place qu'il n'y a pas de scénario, pas d'histoire mais, bonne nouvelle, un titre : Ich, eine Groupie. Le tournage doit impérativement commencer dans les jours qui viennent parce qu'il y a des studios libres à disposition. On lui impose une actrice qui ne parle pas anglais. Hill va-t-il claquer la porte ? Non. Il prend ça comme un challenge. Sur le tournage, lors de scènes de nu, alors qu'il lance le "coupez" de fin de plan, le caméra-man continue à tourner tandis que l'assistant prend en main la direction d'acteurs en criant : " Baise-la, baise-la " . A ce moment-là, Hill ne savait pas encore que le producteur du film était spécialisé dans le cinéma érotique... Finalement, c'est le producteur qui finira le film tandis que Jack Hill partira pour les Philippines tourner The Big Doll House.

Bref, on ne peut pas aborder le cinéma de Jack Hill comme on le ferait de celui de Kubrick ou de Tarkovsky. Jack Hill n'est qu'un maillon d'une chaîne et il le sait. Il n'aura jamais le final cut, cette possibilité d'avoir son mot à dire sur le montage, ne choisira pas toujours ses sujets et devra faire face à des impératifs de tournage qui seront rarement d'ordre esthétique. Pour autant, on peut repérer des récurrences sans doute voulues dans sa filmographie.

Les séquences obligatoires : la douche ; le combat dans la boue ; la fouille intégrale.Les séquences obligatoires : la douche ; le combat dans la boue ; la fouille intégrale.Les séquences obligatoires : la douche ; le combat dans la boue ; la fouille intégrale.

Les séquences obligatoires : la douche ; le combat dans la boue ; la fouille intégrale.

D'Andromède aux Nazis en passant par Diderot : le WIP

La première et la plus évidente est la grande place accordée aux femmes. The Big Doll House est à ce titre un véritable paradoxe : souvent considéré comme un des plus célèbres films féministes, c'est aussi le film qui lancera la grande mode du WIP (Women In Prison), film de femmes en prison.

La femme emprisonnée est un motif sans âge qu'on retrouve dans tous les arts, depuis Andromède jusqu'à Raiponce, en passant par Proust ou Sade. On en trouvait bien des exemples au cinéma avant Hill. Mais avec The Big Doll House, plus qu'une situation dramatique qui revient souvent, le WIP va devenir un genre à part entière avec ses scènes attendues auxquelles le film de Hill n'échappe pas : l'arrivée en prison d'une petite nouvelle, les rapports de force entre des personnes livrées à elles-mêmes, le combat dans la boue, les scènes de douche, l'homosexualité, les gardiennes sadiques, les scènes de torture dénudées... Le genre va même connaître des sous-genres : la nunsploitation, qui se déroule dans un couvent ou encore la nazixploitation, qui prend pour décor un camp de concentration...

Un genre malsain, dégradant et misogyne ? C'est effectivement souvent le cas. Toutefois, il faut se garder de condamner ce genre en masse plus complexe et riche qu'on ne pourrait le croire. La Religieuse de Diderot n'est-il pas l'ancêtre de la Nunsploitation ? Ne retrouve-t-on pas dans certains livres de Genet, qui a connu la prison, de nombreux lieux communs du WIP, en version masculine ? C'est ici toute l'ambiguïté du cinéma, et de celui de Jack Hill en particulier. L'univers qu'on nous montre doit-il se conformer à celui dans lequel nous vivons ou représenter le monde tel qu'il devrait être ? Bref, dans quelle mesure s'agit-il d'une métaphore de la condition féminine ou de la représentation à l'écran de fantasmes masculins afin d'attirer le public ? Sans doute un peu des deux...

Sans-culotte ; Perruque blanche ; Et machine à tuer les gens : on se croirait au temps de la Révolution Française.Sans-culotte ; Perruque blanche ; Et machine à tuer les gens : on se croirait au temps de la Révolution Française.Sans-culotte ; Perruque blanche ; Et machine à tuer les gens : on se croirait au temps de la Révolution Française.

Sans-culotte ; Perruque blanche ; Et machine à tuer les gens : on se croirait au temps de la Révolution Française.

Libération de la femme à gros seins

Si Jack Hill n'est pas sans doute le père spirituel des Femen, force est de constater que le cinéaste restera un créateur de riches personnages de femmes dans des genres jusque là souvent réservés aux personnages masculins. Les six films qu'il tournera après celui-ci mettront en scène des héroïnes en lutte contre un système oppressif. D'ailleurs, le titre du film, The Big Doll House peut être vu comme une référence à La Maison de poupée, pièce d'Ibsen qui raconte le drame d'une bonne épouse condamnée pour être sortie de son rôle. Est-ce volontaire ? Peut-être pas, encore que Hill mentionne Derrida ou Jung en interview, fasse citer Hamlet par un personnage de pom-pom girl dans The Swinging Cheerleader et reprenne la structure d'Othello dans Switchblade sisters, un film de guerre des gangs.

Si certains de ses films opposent clairement figures masculines et féminines ou montrent parfois la quasi-totalité des personnages masculins comme négatifs, celui-ci est plus nuancé. Dans ce film, il y a clairement deux camps : les gardiennes et les prisonnières. Aux premières, les visages fermés, les cheveux tirés en arrière et les uniformes strictes qui masquent tout le corps. Aux secondes, les longs cheveux détachés, les tenues qui masquent peu de chose et des formes généreuses. Ce que ce physique laisse entendre se retrouve aussi dans le comportement. Si les gardiennes paraissent privées de corps et de désirs, les prisonnières ne parlent que de sexe.

Lucian (jouée par Kathlyn Loder qui incarnera aussi la méchante de Foxy Brown) essaie de toucher ses oreilles avec ses lèvres.
Lucian (jouée par Kathlyn Loder qui incarnera aussi la méchante de Foxy Brown) essaie de toucher ses oreilles avec ses lèvres.
Lucian (jouée par Kathlyn Loder qui incarnera aussi la méchante de Foxy Brown) essaie de toucher ses oreilles avec ses lèvres.
Lucian (jouée par Kathlyn Loder qui incarnera aussi la méchante de Foxy Brown) essaie de toucher ses oreilles avec ses lèvres.
Lucian (jouée par Kathlyn Loder qui incarnera aussi la méchante de Foxy Brown) essaie de toucher ses oreilles avec ses lèvres.
Lucian (jouée par Kathlyn Loder qui incarnera aussi la méchante de Foxy Brown) essaie de toucher ses oreilles avec ses lèvres.
Lucian (jouée par Kathlyn Loder qui incarnera aussi la méchante de Foxy Brown) essaie de toucher ses oreilles avec ses lèvres.
Lucian (jouée par Kathlyn Loder qui incarnera aussi la méchante de Foxy Brown) essaie de toucher ses oreilles avec ses lèvres.
Lucian (jouée par Kathlyn Loder qui incarnera aussi la méchante de Foxy Brown) essaie de toucher ses oreilles avec ses lèvres.
Lucian (jouée par Kathlyn Loder qui incarnera aussi la méchante de Foxy Brown) essaie de toucher ses oreilles avec ses lèvres.
Lucian (jouée par Kathlyn Loder qui incarnera aussi la méchante de Foxy Brown) essaie de toucher ses oreilles avec ses lèvres.

Lucian (jouée par Kathlyn Loder qui incarnera aussi la méchante de Foxy Brown) essaie de toucher ses oreilles avec ses lèvres.

L'effrayante ménagère américaine

Les deux principales figures de méchantes sont assez éclairantes sur cette frustration. Lucian, la gardienne en chef a un nom d'homme et des airs très autoritaire. Sa maigreur est mise en avant. Hill a trouvé un geste qui résume le personnage : elle ne dénoue sa longue chevelure que lorsqu'elle torture. Le personnage meurt mordu par un cobra qu'elle utilisait pour tourmenter les captives. Sans avoir lu tout Freud, on peut aisément faire des suppositions sur la forme de l'instrument de sa mort.

Le personnage le plus inquiétant du film est la directrice de la prison, Mme Dietrich. Dans ses quartiers, elle fait pousser des fleurs, prépare des repas et des cocktails, reçoit ses invités avec le sourire, porte d'élégantes robes colorées qui soulignent ses formes et tranchent avec le reste de la palette du film. Bref, elle a toutes les caractéristiques de la parfaite maîtresse de maison. Seul hic : on découvre au cours du film que c'est elle qui se déguise en homme et se masque pour assister, cravache à la main aux séances de torture.

Le film de Jack Hill semble mettre en scène une opposition entre des femmes aux mœurs libérées et des gardiennes d'un ordre moral rendues malheureuses par les interdictions qu'elles s'imposent et qui ne trouvent du plaisir qu'à les infliger aux autres ensuite. Vu le peu de maîtrise que le réalisateur avait sur ses films, vu l'ironie qui règne dans tous ses films, dur de savoir ce qui relève d'une intention ou du délire d'interprétation du commentateur.

Les hommes dans ce film, ne sont pas vraiment des bourreaux, plutôt des figures faibles mais relativement bienveillantes. L'un des livreurs, interprété par Sid Haig qui a joué dans la plupart des films de Hill depuis ses débuts, profite de sa position pour arracher des faveurs de certaines prisonnières mais aura un geste inattendu de tendresse vis-à-vis de la toxicomane. L'autre est un sorte de niais, qui ne tient pas l'alcool et qui a honte de ses désirs. Lors de la scène où il se fait agresser sexuellement, sa maladresse devient une source de comique.

Mme Dietrich : son moi ; son ça ; et son sur-moi.Mme Dietrich : son moi ; son ça ; et son sur-moi.Mme Dietrich : son moi ; son ça ; et son sur-moi.

Mme Dietrich : son moi ; son ça ; et son sur-moi.

Rapports de force et nudité

Les rapports de force entre hommes et femmes occupent une place importante dans le cinéma de Hill. Cela passe souvent par le rapport habillé/déshabillé. Celui qui est en position de force est celui qui peut dévêtir l'autre. Dans Switchblade Sisters, un caïd se rend chez une des héroïnes pour la violer et déchire d'un geste brusque son chemisier. L'héroïne répond par un geste similaire qui doit être lu comme un refus de se soumettre et non comme un appel au viol. Dans The Swinging Cheerleaders se trouve une des rares scènes d'amour heureux de la filmographie de Hill, qui montre un long déshabillage réciproque des deux amants. Rien de ce genre dans The Big Doll House, mais la scène durant laquelle Alcott agresse le livreur et le force à se dénuder, celle où les fugitives forcent leurs otages hommes à se déshabiller pour voler leurs vêtements ou celle au cours de laquelle Alcott arrache le chemisier de Mme Dietrich montrent que le rapport de force a changé depuis la période où elles étaient attachées nue et soumises à la torture.

Y a-t-il une guerre des sexes chez Hill ? Non, plutôt une sorte de guerre des couples. Les couples homosexuels, loin d'être idylliques, montrent toujours un(e) dominant(e) et un(e) dominé(e). Dans Coffy, lorsque le personnage joué par Pam Grier va rencontrer une ancienne prostituée, elle est surprise par la compagne de celle-ci, une géante qui porte manifestement la culotte et qui battra sa compagne par jalousie. Grear, dans The Big Doll House, se comporte de la même façon avec les filles qu'elle protège en échange de services, au point que la toxicomane dira à Collier, enjeu du combat : " Tu es un objet maintenant. "

La prise de pouvoir des prisonnières : la scène de viol ; le vol des vêtements ; la mise à nu de la directrice.La prise de pouvoir des prisonnières : la scène de viol ; le vol des vêtements ; la mise à nu de la directrice.La prise de pouvoir des prisonnières : la scène de viol ; le vol des vêtements ; la mise à nu de la directrice.

La prise de pouvoir des prisonnières : la scène de viol ; le vol des vêtements ; la mise à nu de la directrice.

La difficile vie en société

Si le couple est déjà un sujet problématique, que dire des groupes ? Hill semble être farouchement individualiste et se méfier du conformisme qui domine toute société, aussi restreinte et marginale soit-elle. Son film de fin d'études, The Host est peut-être celui qui résume le mieux sa conception de la société : un homme arrive dans un village misérable. On lui dit qu'il doit en devenir le nouveau maître et que pour cela, il doit tuer l'ancien qui a cessé d'amener pluie et fertilité. Il finit par le faire mais sait que désormais, à la moindre faiblesse, la foule anonyme se jettera sur son cadavre comme elle l'a fait pour l'ancien prophète. La légende veut que la fin d'Apocalypse Now ait été inspirée par ce film. Malheur à celui qui sort du rang mais honte à celui qui se tait, telle pourrait être la règle de la vie en société selon Hill.

Souvent ses films décrivent l'organisation d'une société particulière : milieu carcéral, gang, pom-pom girls, famille dégénérée... La plupart de ses personnages principaux sont ceux qui osent s'éloigner de la norme, qu'elle soit sexuelle, politique ou morale. Les deux films inspirés de la Blaxploitation qu'il tournera avec Pam Grier, Foxy Brown et Coffy montrent une jeune femme qui se dresse seule contre le milieu ambiant malgré les nombreux sévices qu'elle doit endurer. The Switchblade Sisters ne raconte pas autre chose. Au sein d'un gang de femme, deux personnages se battent pour le pouvoir. Si la majorité des membres font confiance à l'une et ont de l'affection pour elle, elles sont incapables de se révolter contre l'autre quand leur idole est en danger.

Le co-détenues de Collier lui font visiter les toilettes pour fêter son arrivée ; Alcott sort du rang ; Le pouvoir des mots.Le co-détenues de Collier lui font visiter les toilettes pour fêter son arrivée ; Alcott sort du rang ; Le pouvoir des mots.Le co-détenues de Collier lui font visiter les toilettes pour fêter son arrivée ; Alcott sort du rang ; Le pouvoir des mots.

Le co-détenues de Collier lui font visiter les toilettes pour fêter son arrivée ; Alcott sort du rang ; Le pouvoir des mots.

Héroïnes et happy ends

Dans The Big Doll House, Bodine et Alcott assument leur rôle de leader, ce qui leur vaut de passer sur la table de torture tandis que les autres se contentent de suivre le mouvement et sont prêtes à toutes les bassesses pour garder leur position. Collier avec qui nous avons découvert la prison se révèle être une intrigante, capable de courtiser Alcott pour se placer sous sa protection et échapper à Grear. La toxicomane, montrée comme une personne attachante dans la plupart du film, se sent menacée par l'arrivée de Collier. Elle n'aura besoin que d'une accusation sans preuve pour que l'ensemble de la cellule commence à la torturer. Jack Hill a une vision assez négative de l'humanité. Pour lui, seuls quelques individus ont le courage de se comporter comme il faut et le fruit de leur rébellion est souvent amer.

Peu de réalisateurs hollywoodiens auront réalisé autant de films sans happy end que lui. Jack Hill n'est pas un rêveur. S'il aime le geste de rébellion, il le présente comme vain. Coffy après avoir assouvi sa vengeance erre seule sur la plage. Plus tôt dans le film, un personnage lui a dit que le baron de la drogue qu'elle voulait tuer n'était qu'un petit maillon d'une chaîne et qu'il serait remplacé une fois tué. Si le film a parfois des airs de Dirty Harry, si le spectateur goûte au plaisir de la vengeance et de la punition qui s'abat sur les mauvais, ce qui conclue le film est l'inutilité de ce déluge de sang. Presque tous les personnages de The Big Doll House meurent dans l'évasion et si Alcott a le temps de tuer Mme Dietrich, elle ne lui survivra pas longtemps et n'aura pas amélioré le sort des prisonnnières.

Jack Hill est un homme qui sait quand s'arrêter : il a refusé en bloc de tourner des scènes de nécrophilie.Jack Hill est un homme qui sait quand s'arrêter : il a refusé en bloc de tourner des scènes de nécrophilie.Jack Hill est un homme qui sait quand s'arrêter : il a refusé en bloc de tourner des scènes de nécrophilie.

Jack Hill est un homme qui sait quand s'arrêter : il a refusé en bloc de tourner des scènes de nécrophilie.

La figure du winner

Avec cette remise en cause du happy end, Hill égratigne un autre grand mythe hollywoodien : celui du winner. L'histoire de Pit Stop, le " film d'art sur les courses de voitures " est assez représentatif de la démarche de Hill de ce point de vue. On peut aussi évoquer le match truqué de The Swinging Cheerleaders. D'une manière générale, ses films montrent que le talent, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'est pas le bienvenu. Lorsque les pom-pom girls organisent un concours pour engager une nouvelle, la cheftaine essaie d'éviter l'arrivée d'une fille qui soit trop belle et trop douée et qui pourrait lui faire de l'ombre. L'arrivée d'une fille douée est mal vue par certains des membres du gang dans Switchblade Sisters comme celle de Collier est perçue comme une menace par la protégée de Grear. Souvent, ce n'est pas le meilleur qui gagne, mais le plus impitoyable.

Il n'y a pas que cette figure du vainqueur que Hill conteste. Toutes les représentations dominantes sont détournées. C'est sans doute cette façon de rajeunir une scène vue mille fois en en changeant un élément qui lui a valu l'admiration de Tarantino. Coffy, c'est Dirty Harry mais avec une femme noire à la place d'un homme blanc. La cruelle directrice du centre n'est pas un homme borgne au crâne rasé, mais une souriante maîtresse de maison. La petite gardienne qu'il faut faire boire tient mieux l'alcool que l'homme moustachu dans une scène de saoulerie.

Une course de cafards ; un concours de cul-sec ; Alcott dans toute sa splendeur après sa victoire.Une course de cafards ; un concours de cul-sec ; Alcott dans toute sa splendeur après sa victoire.Une course de cafards ; un concours de cul-sec ; Alcott dans toute sa splendeur après sa victoire.

Une course de cafards ; un concours de cul-sec ; Alcott dans toute sa splendeur après sa victoire.

Un catalogue de scènes de viol

Ce goût du paradoxe a fait franchir à Jack Hill les limites du bon goût plus d'une fois. Un des motifs sur lequel il s'est amusé à multiplier les variations est la scène de viols. Au fil de son œuvre, on croise les " classiques " viols d'un homme sur une femme, de plusieurs hommes sur une femme mais aussi un homme qui viole sa propre femme à l'occasion d'un bal masqué alors qu'elle le désire et qu'il ne veut pas d'elle d'ordinaire. Dans The Big Doll House, on trouve le viol du livreur par Alcott ou celui interposé de Mme Dietrich par un des livreurs. Le sommet de ces navrantes prouesses scénaristiques est atteint dans The Big Bird Cage, tourné juste après The Big Doll House, pour profiter du succès du film. Lors de la révolte des prisonnières, elles ligotent un des gardes homosexuels et tout le baraquement lui passe dessus, l'une sur le sexe, l'autre sur la bouche... Pour Jack Hill ces scènes sont vues comme des plaisanteries. Dans Mondo Keyhole, parce qu'il trouvait cela amusant, on le voit jouer un masochiste attaché qui se fait fouetter et cracher dessus par des prostituées... Il y a de l'irrésponsabilité et de l'innocence dans la façon dont Hill se permet de représenter certains sujets. Mais ce refus du sérieux n'est pas une affaire de paresse ou de lâcheté. Il s'agit plus d'une conception du cinéma.

Un effet de transition des années 70 ; Un livreur se rince l'oeil en regardant Alcott se rincer.Un effet de transition des années 70 ; Un livreur se rince l'oeil en regardant Alcott se rincer.Un effet de transition des années 70 ; Un livreur se rince l'oeil en regardant Alcott se rincer.

Un effet de transition des années 70 ; Un livreur se rince l'oeil en regardant Alcott se rincer.

Le sérieux, les idéologies et le discours

Jack Hill semble se méfier beaucoup du sérieux, des discours et des idéologies. La plupart de ses scènes, encore une fois comme Tarantino, se situent toujours sur le fil entre le sérieux et le comique. Dans Spider Baby, qui a tous les attributs du film d'horreur, le générique façon dessin-animé est là pour montrer une intention comique. On y voit un homme ligoté à un fauteuil se débattre comiquement pour tenter d'échapper à des mygales sans qu'on sache avec certitude si la scène est comique ou non. On pourrait multiplier les exemples qui fourmillent dans sa filmographie. Dans The Big Doll House, le même système est à l'œuvre. Le combat entre Grear et Alcott finit en farce dans la boue même s'il y a derrière un véritable enjeu dramatique. Au cours de l'évasion, le suspense et le comique cohabitent lors de la scène de saoulerie ou avec un personnage de garde qui reçoit de nombreux coups de couteau mais se relève toujours.

Si Hill aime tant le comique, parfois très potache, c'est aussi sans doute parce qu'il ne croit pas aux idéologues. The Swinging Cheerleaders montre une galerie de personnages qui agissent de manière opposée à leurs convictions affichées : la journaliste féministe qui devient pom-pom girl pour enquêter de l'intérieur sur cette pratique sexiste tombe amoureuse du capitaine de l'équipe de football qui de son côté, devient un être délicat et sensible alors qu'au début du film, on le voyait tripoter une femme d'une main en mangeant son hot-dog de l'autre. Le radical du campus se révèle un petit macho tandis que le directeur de l'école truque les matchs de football pour s'enrichir en pariant mais gifle sa fille quand elle dit un gros mot.

Le Docteur en train de porter un toast à la paix dans le monde ; encourage les gardiennes à être clémentes ; se demande si ça ne serait pas plus prudent de prendre un deuxième rendez-vous, juste au cas où.Le Docteur en train de porter un toast à la paix dans le monde ; encourage les gardiennes à être clémentes ; se demande si ça ne serait pas plus prudent de prendre un deuxième rendez-vous, juste au cas où.Le Docteur en train de porter un toast à la paix dans le monde ; encourage les gardiennes à être clémentes ; se demande si ça ne serait pas plus prudent de prendre un deuxième rendez-vous, juste au cas où.

Le Docteur en train de porter un toast à la paix dans le monde ; encourage les gardiennes à être clémentes ; se demande si ça ne serait pas plus prudent de prendre un deuxième rendez-vous, juste au cas où.

L'hommage de Tarantino

Le discours semble être l'arme du pouvoir en place. Cela explique les faux-airs de Justicier dans la ville de Coffy dans lequel le fiancé de l'héroïne, qui fait de la politique et se fait filmer en train de discourir incarne la principale figure du mal. Dans The Big Doll House, c'est le personnage du docteur qui incarne cette dimension de beau parleur. Si ses bons sentiments ne font pas de doute, ses propositions de discuter sont tournées en dérision aussi bien par les fugitives que par la directrice de prison. Un des traits de caractère de Mme Dietrich est d'ailleurs de souligner que c'est une bonne chose d'avoir pu parler. On pourrait croire qu'il s'agit là d'une esthétique du film d'action, où on préfère montrer au spectateur les personnages régler leurs différends les armes à la main plutôt qu'au cours d'une discussion autour d'une table. C'est sans doute vrai mais il faut peut-être aussi se demander si Jack Hill ne croit pas que la vérité des personnes se trouve dans leurs désirs et leurs actes tandis que les paroles ne serviraient qu'à les nier et à les masquer derrière des discours politiquement et socialement acceptables.

Le cinéma de Jack Hill a été redécouvert en particulier à travers Tarantino. Son film Jacky Brown est un hommage direct à Foxy Brown. On retrouve Pam Grier mais aussi Sid Haig au casting. Tarantino fera encore plus : il redistribuera Switchblade Sisters et financera le mixage du film de fin d'études de Hill, qui en trente ans n'avait jamais été achevé. La liste des emprunts/hommages du réalisateur de Pulp Fiction à celui de Coffy serait longue, du personnage de borgne de Kill Bill qui ressemble à s'y méprendre à celui de Patch de Switchblade Sisters en passant par la présence continue d'une possible comique sur des scènes à enjeux dramatiques.

Pam Grier face à Sid Haig, qu'elle recroisera dans Jacky Brown ; En extérieur ; Et en intérieur.Pam Grier face à Sid Haig, qu'elle recroisera dans Jacky Brown ; En extérieur ; Et en intérieur.Pam Grier face à Sid Haig, qu'elle recroisera dans Jacky Brown ; En extérieur ; Et en intérieur.

Pam Grier face à Sid Haig, qu'elle recroisera dans Jacky Brown ; En extérieur ; Et en intérieur.

Les bons points et les mauvais points

On retrouve aussi une certaine manière de concevoir la violence comme un spectacle mis en scène par les personnages eux-mêmes. Dans Foxy Brown, l'héroïne conclue sa vengeance en apportant à la méchante le sexe de son amant dans un bocal de cornichons. Ici, les scènes de tortures sont dramatisés et construites en plusieurs temps. La plus improbable est sans doute celle de Collier menacée par un cobra attachée à une tige de fer qui serpente elle-même et se rapproche d'elle au fur et à mesure qu'un récipient se remplit d'eau. C'est la même manière de traiter la violence comme un événement logique et implacable comme la lente avancée des zombies chez Romero.

Cette violence qui arrive comme la conclusion attendue d'une suite d'événements a une double origine. D'une part, il s'agit de celle de systèmes politiques ou sociaux violents. C'est la logique de punition de la prison, de la société ou des gangs. D'autre part, c'est aussi un regard ironique sur la justice telle qu'on voudrait que le cinéma la rende. Il y a chez Hill comme chez Tarantino une sorte de loi du talion absurde. Dans Pulp Fiction, La droguée est punie par une overdose, le chef de gang se fait violer dans une cave, le tueur en série qui renonce à son vilain est sauvé mais son collègue qui n'a pas su s'arrêter à temps meurt. Ici, la frigide Mme Dietrich meurt dans les flammes tandis que Lucian meurt piquée par le serpent qu'elle utilisait pour faire le mal, Grear qui voulait jouer la protectrice est tuée par sa protégée... Hill donne au spectateur ce qu'il voulait, une distribution des bons points et es mauvais points, mais en faussant tellement les proportions que seuls y croiront ceux qu'ils veulent être trompés.

Elles ont été méchantes et elles sont punies : la drogue, c'est mal ; la torture, c'est mal ; le sexe, c'est mal.Elles ont été méchantes et elles sont punies : la drogue, c'est mal ; la torture, c'est mal ; le sexe, c'est mal.Elles ont été méchantes et elles sont punies : la drogue, c'est mal ; la torture, c'est mal ; le sexe, c'est mal.

Elles ont été méchantes et elles sont punies : la drogue, c'est mal ; la torture, c'est mal ; le sexe, c'est mal.

The Big Catharsis

Dans le premier long-métrage de Jack Hill, un personnage s'exclamait " Cela dépasse les limites du mauvais goût ". Cela pourrait sans doute s'appliquer à une grande partie de son travail. Hill serait sans doute le premier à en convenir. Pour autant, on aurait tort de snober son œuvre qui déborde d'inventions et de vie. Parler de catharsis semblerait exagéré pour qualifier des films où rien ne semble jamais grave et où la modestie du réalisateur apparaît à chaque instant. Et pourtant, quel autre mot pourrait-on utiliser pour décrire la jubilation du spectateur après certains de ces films ?

Note :

(1) Si le film ne mentionne jamais le nom du pays, on voit le drapeau des Philippines, lieu du tournage, flotter au-dessus du commissariat d'où sort Collier au premier plan du film.

L'ancêtre des "Chics with guns" de Jacky Brown ? Mme Dietrich ; Bodine ; Et Alcott.L'ancêtre des "Chics with guns" de Jacky Brown ? Mme Dietrich ; Bodine ; Et Alcott.L'ancêtre des "Chics with guns" de Jacky Brown ? Mme Dietrich ; Bodine ; Et Alcott.

L'ancêtre des "Chics with guns" de Jacky Brown ? Mme Dietrich ; Bodine ; Et Alcott.

The Big Doll House, réalisé en 1971 par Jack Hill. Durée : 1 heure 33 minutes.

Liens :

Lecture :

  • Jack Hill : The exploitation and Balxploitation Master, de Calum Waddell.

Le seul livre disponible sur le cinéaste et non-traduit en français. Les citations de cet article en sont extraites. Alternance de critiques des films, d'interviews de Jack Hill et de quelques collaborateurs. Beaucoup d'informations passionnantes mais une obsession du politiquement correct fausse parfois certaines analyses.

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être aussi :

  • The Big Bird Cage, film réalisé par Hill dans la foulée toujours avec Pam Grier et Sid Haig.

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